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Escriptura. Écrire. (14). Georges Perec. W ou le souvenir d’enfance.

4 Novembre 2012

Tots hem fet alguna vegada l’exercici de trobar, per a un llibre determinat , el capítol, la pàgina, el paràgraf  o la frase que escolliríem  com a imprescindible tresor a salvar en el cas que només poguésssim salvar una petita part de l’obra.

En el cas de l’obra de Georges Perec  W ou le souvenir d’enfance ( Paris. © Denoël. 1975),  per al meu gust, el capítol  VIII ( pàgines 45 a 64) és com un petit tot en el qual,  allò que s’hi explica té sentit per sí mateix. I que en el nostre cas, en que ens ocupem del que diuen els autors i les seves obres sobre “l’escriptura”, cobra una importància i una significació especial que ens porten a comentar-ho amb emoció.

“Je possède une photo de mon père et cinq de ma mère ( au dos de la photo de mon père j’ai essayé d’écrire, à la craie, un soir que j’étais ivre, sans doute en 1955 ou 1956: “Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Danemark.” Mais je n’ai même pas réussi à tracer la fin du quatrième mot. (…) De ma mère, le seul souvenir qui me reste est celui du jour où elle m’accompagna à la gare de Lyon d’où , avec un convoi de la Croix Rouge, je partis pour Villard-de-Lans : bien que je n’aie rien de casé, je porte le bras en écharpe. (…).

Le projet d’écrire mon histoire s’est formé presque en même temps que mon projet d’écrire. Les deux textes qui suivent datent de plus de quinze ans. Je les recopie sans rien y changer, renvoyant en note les rectifications et les commentaires que j’estime aujourd’hui devoir y ajouter.”

Tal com Perec promet, segueixen  vuit pàgines en les que parla primer del pare i després de la mare.

 1

Sur la photo, le père a l’attitude du père. Il est grand. Il a la tête nue. Il tient son calot à la main. Sa capote descent très bas (1)  (…)

Le père sourit. C’est un simple soldat. Il est en permission à paris, c’est la fin de l’hiver, au bois de Vicennnes. (2) (…)

J’ai sur mon père beaucoup plus de renseignements que sur ma mère parce que fus adopté par ma tante paternelle.

2

Cyrla Schuleviitz (13), ma mère, dont j’appris les rares fois où j’ entendis parler d’elle, qu’on l’appelait plus communément Cécile (14), naquit le 20 août  1913 à Varsovie. Son père, Aaaron, était artisan ; sa mère, Laja, née Klajnerer (15), tenait le ménage. (…)
Ces renseignements quasi statistiques et qui n’ont pour moi qu’un intérêt assez restraint, sont les seuls que je possède concernant l’enfance et la jeunesse de ma mère. (…)

Laja, la mère mourut. Ma mère apprit, je crois, le métier de coiffeurse. Puis elle rencontra mon père. Ils se marièrent. Elle avait 20 ans et dix jours. C’était le 30 août 1934 à la Mairie du vingtième. Ils s’installèrent rue Vilin ; ils prirent en gérance un petit salon de coiffure.

Je naquis au mois de mars de 1936. …)

La guerre survint. Mon père s’engagea et mourut. (…)

Elle retourna à Paris. (…) Elle pensait  que son titre de veuve de guerre lui éviterait tout ennui (26). Elle fut prise dans une rafle avec sa soeur , ma tante. Elle fut internée à Drancy le 23 janvier 1943, puis déportée le 11 février suivant en direction d’Auschwitz. Elle revit son pays natal avant de  mourir. Elle mourut sans avoir compris.

Aquestes vuit pàgines, escrites en negreta en el llibre, i que jo aquí recopio només en allò essencial, les trobo d’una extraordinària capacitat d’évocació, i un gran homenatge a la memòria dels seus pares.  Segueixen després, numerades, 26 notes-comentaris sobre els dos textos anteriors que matisen tot el que s’hi explica, per afegir-hi precisions que l’autor estima necessàries aportar.  I tot això continua i acaba així:

Je n’écris pas pour dire que je ne dirai rien, je n’écris pas pour dire que je n’ai rien à dire. J’écris : j’écris parce que nous avons vécu ensemble, parce que j’ai été parmi eux, ombre au milieu de leurs ombres, corps près de leurs corps ;  j’écris parce qu’ils sont laissé en moi leur trace indélébile et que la trace en est l’écriture ; l’écriture est le souvenir de leur mort et l’affirmation de ma vie.

Goerges Pérec. W ou le souvenir d’enfance . Chapitre 8. pages 45 à 64)

..

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